Beaucoup de personnes restées longtemps dans l’ombre de l’histoire et de l’emancipation des classes sociales mixtes dans le brésil colonial ont apportées leur pierre a l’edifice culturel et social de l’art de la Capoeira. Ensuite, il y a eu les personnes qui ont marques l’histoire de cet art et lui ont conféré un poids académique, jusqu’a l’enseignement légale au sein des académies ou écoles de Capoeira, ce sont « les Maitres ». Si aujourd’hui la capoeira s’est autant répandue au Brésil et ailleurs, c’est grâce à ces maîtres disparus. Ce sont eux qui ont préservé cet art, cette culture, qui nous ont laissé cette pierre brute afin que nous, les générations futures, fassions le nécessaire pour la faire évoluer.

1- MESTRE BIMBA

Mestre Bimba, pour l’état-civil Manuel dos Reis Machado, né le 23 novembre 1899 ou en 1900 dans le bairro do Engenho velho (quartier du Vieux Moulin) à Salvador (Bahia) au Brésil, et décédé le 5 février 1974, est l’un des plus célèbres capoeristes brésiliens. Il est considéré comme le père de la « capoeira régionale ».

Son surnom, Bimba (mot familier désignant le pénis d’un enfant[réf. nécessaire]), lui viendrait d’un pari tenu entre sa mère, Dona Martinha do Bomfim, de sang amérindien, persuadée d’attendre une fille, et la sage femme pour qui l’enfant à venir devait être un garçon. Ayant accouché l’enfant, celle-ci se serait exclamé : « J’ai gagné mon pari, ce coquin a tout ce qu’il faut ! ». Son père, Luis Cândido Machado, ancien esclave, était un maître de Batuque réputé.

En 1928, Mestre Bimba crée la « capoeira régionale » qu’il qualifie lui-même de véritable lutte très complète, un mélange de batuque et de Capoeira Angola additionné de quelques coups. Pour Muniz Sodré, auteur brésilien et ancien disciple du Maître, Bimba ne changeait pas vraiment l’esprit de la capoeira de l’époque mais s’inscrivait au contraire dans la tradition du cercle des vieux maîtres bahianais en redynamisant un aspect de la capoeira qui semblait disparaître dans la région de Bahia, c’est-à-dire un style de combat plus objectif tel que le pratiquaient d’autres maîtres angoleiros comme Waldemar da Paixão, Onça Preta et bien d’autres.

Le 12 juin 1996, l’Université Fédérale de Bahia décerne le titre honorifique de Docteur honoris causa à Manoel dos Reis Machado, Noir illettré, mort vingt-deux ans auparavant. En cela elle reconnait la capoeira en tant qu’exercice symbolique de sagesse corporelle ancestrale et célébre Maître Bimba comme acteur et promoteur de la culture afro-brésienne.

  1. 2- MESTRE PASTINHA

Mestre Pastinha (1889-1981), de son vrai nom Vicente Ferreira Pastinha, est un grand maître de la capoeira. Au début des années 1930, il a donné ses lettres de noblesse à cet art véhiculé depuis des décennies avant lui par les anciens esclaves africains. Il a créé la première école de capoeira Angola tout en établissant une méthode d’enseignement qui était basée sur les anciennes traditions. Il a aussi écrit le premier livre sur le sujet, où il expose sa propre conception philosophique de la capoeira. C’est Mestre Pastinha qui a institutionnalisé les couleurs pour les vêtements des capoeiristes (T-shirt jaune, pantalon noir) comme uniforme. Ces couleurs proviendraient à l’origine du maillot de l’équipe de football préférée du maître, Ypiranga.

Il a constitué l’orchestre (la bateria) traditionnel qui accompagne cet art : trois berimbaus, deux pandeiros, un atabaque, un reco-reco, un agogo. Il a aussi formé de grands capoeiristas angoleiros comme Mestre João Grande, Mestre João Pequeno…

  1. 3- MESTRE WALDEMAR

Mestre Waldemar fut un des pratiquants de la Capoeira Angola de grande importance dans le contexte de la réhabilitation de la Capoeira. La renommée de Waldemar comme capoeiriste et maître de capoeira apparaît dans les années 1940. Il s’implanta une grande baraque dans « invasão do Corta-Braço » aujourd’hui connu comme le quartier de « Liberdade » à Salvador (Bahia), où il jouait la capoeira tous les dimanches. Il organisait ses rodas, rua Pero Vaz qui était à l’époque un lieu de grande concentration de population noire.
Mestre Waldemar aimait rester dans sa terre et dans son quartier. Rien ne pouvait le faire partir. « Je suis vieux », disait-il, « je reste ici ». A Bahia il y est né, à Bahia il est mort et à Bahia il est enterré. Sa maison restait ouverte afin que les enfants puissent jouer avec les couleurs qu’il utilisait pour peindre ses berimbau. En 1979, cet homme qui adorait les enfants avait une vingtaine d’élèves.
Mestre Waldemar était connu aussi comme Mestre Waldemar da Paixão, da Praia ou da Liberdade . Il a participé à de nombreuses roda de rue, principalement dans son quartier. Grand maître respecté par toute la société Bahianaise, il a enseigné à un grand nombre d’élèves, il a été invité à participer à de nombreuses manifestations et il se faisait une joie de répondre présent pour représenter Bahia et le lieu où il est né (Ilha de Maré). “Maré, maré” est l’une de ses chansons qui a fait le tour du monde. Elle est chantée presque dans toutes les rondes de capoeira. C’est une façon de se rappeler du Maître qui est parti mais qui reste dans nos cœurs.

  1. 4- MESTRE CANJIQUINHA

Washington Bruno da Silva – Maitre Canjiquinha, est né le 25 Septembre 1925, à Salvador. Disciple de Mestre Raimundo Aberre, né à Santo Amaro da Purification, Canjiquinha était l’un des capoeiriste a donner le plus de visibilité a son art, voyageant autour du Brésil dans des expositions et agissant également dans de nombreux films.

L’académie de Mestre Canjiquinha  est devenue  ainsi l’un des principale lieu de formation des capoeiristes avec Mestre Paulo dos Anjos, contribuant ainsi à l’expansion de la capoeira dans d’autres pays. Ils sont responsables de la continuité de l’héritage Canjiquinha. Dans cette Capoeira  il introduit les sonneries et les jeux: Muzenza, Samango, Samba Angola. « Canjiquinha est un jeune capoeiriste agile, ce qui le fait démarquer de ses coéquipiers, mais son accent est mis sur le chant et la manière de jouer les instruments. Il Chantait comme peu d’autres avec un vaste répertoire, il avait également  une grande facilité à improviser et a permis d’adaptateur des autres chansons folkloriques dans les chants de capoeira »

  1. 5- MESTRE CAMISA

Mestre Camisa (José TadeuCarneiro Cardoso) est né en 1956 à Jacobina, État de Bahia, dans le nord-est du Brésil. Il a d’abord commencé à pratiquer et à étudier la Capoeira à l’âge de sept ans. Il a été enseigné par son frère aîné, CamisaRoxa, un élève de Mestre Bimba, mais quelques années plus tard a déménagé à Salvador afin poursuivre ses études et participer à l’Académie de Mestre Bimba lui-même.

Au début des années 70, Mestre Camisa, avec son frère, faisaient partie d’une tournée d’uneannée au Brésil avec la compagnie de danse folklorique Olodum Maré. La troupe restée à Rio de Janeiro pendant trois mois, puis est parti pour une tournée en Europe. Mestre Camisa, cependant, est resté à Rio et a commencé à gagner sa vie en enseignant la Capoeira.

C’est au cours de cette première, un peu difficile, période à Rio que Mestre Camisa a commencé à examiner la nécessité de concevoir une structure formelle des classes; d’élaborer des plans de leçon de base, de créer un lieu pour étudier et enseigner la Capoeira de manière académique. Un lieux pour débattre des techniques et discuter des concepts de développement de cet art. En plus de ce qui précède, Mestre Camisa ressenti le besoin de donner une structure de type familial pour les nombreuses personnes qui avaient laissés leurs villes, leurs familles et amis. Il a donc décidé de déménager définitivement à Rio pour se consacrer à la Capoeira.

Ce dernier a été le principal moteur de la création d’une nouvelle organisation qui, en 1988, devenu Abada Capoeira-(AssociaçãoBrasileira de Apoio e Desenvolvimento da Capoeira Arte– Association brésilienne pour le soutien et le développement de l’art de la Capoeira).

Depuis le début des années 80, Mestre Camisa en s’appuyant sur les enseignements de Mestre Bimbaa pu développer son propre style en y ajoutant sa technique unique et la méthodologie qui a amélioré l’aspect martial de la Capoeira pour placer Mestre Camisa comme le premier maître de Capoeira dans le monde. Comme il ne dispose pas d’un corps massif, Mestre Camisa a développé une technique pour neutraliser son adversaire avec glissades, (rasteiras), rapidité et efficacité dans l’application des déplacements, coups et coups de pied. Cette technique lui permet de faire face à un adversaire plus grand dans les mêmes conditions.